En termes simples, le crowdfunding, ou financement participatif, permet de réunir de l’argent pour un projet, un produit, une cause ou une entreprise en collectant de petites sommes auprès d’un grand nombre de personnes via une plateforme en ligne. Au lieu de demander la totalité de la somme à une banque ou à un investisseur fortuné, le porteur d’idée fait appel au public. La définition est contenue dans le terme lui-même : crowd plus funding ; on parle aussi de financement par la foule ou de financement collectif.
Le crowdfunding en une phrase
Beaucoup de personnes donnent chacune un peu, un projet reçoit beaucoup, et ce que les contributeurs obtiennent en retour dépend du type de campagne : rien, un produit, des intérêts ou une part de l’entreprise.
Le crowdfunding en bref
Réponses courtes aux questions que la plupart des personnes se posent en découvrant ce terme.
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| Qui apporte l’argent ? | Des membres du public, appelés contributeurs, prêteurs ou investisseurs selon le modèle |
| Qui le reçoit ? | Le porteur du projet : particulier, organisme caritatif, créateur, entrepreneur ou PME |
| Faut-il le rembourser ? | Uniquement dans le modèle de prêt. Les dons et contreparties ne sont jamais remboursés ; les titres représentent une part, non une dette |
| Est-ce légal ? | Oui. Les campagnes de dons et de contreparties relèvent du droit de la consommation et des œuvres caritatives ; les campagnes de prêt et d’investissement pour projets d’entreprise sont réglementées au niveau de l’UE |
Comment fonctionne le crowdfunding ?
Presque toutes les campagnes suivent les cinq étapes suivantes :
- La présentation. Le fondateur ou créateur crée une page de campagne avec une description, une vidéo ou des photos, un objectif de financement et une échéance.
- L’offre. La page précise ce que les soutiens reçoivent : un remerciement, un produit, un taux d’intérêt fixe ou des actions.
- La campagne. Le site de crowdfunding publie la page et le porteur du projet en assure la promotion sur les réseaux sociaux, par e-mail et dans la presse ; les campagnes réussies mobilisent généralement leur propre communauté.
- Le résultat. Selon la règle du tout ou rien, l’argent n’est collecté que si l’objectif est atteint avant l’échéance, sinon chaque engagement est remboursé ; selon le principe tout conserver, le porteur du projet garde toute somme récoltée.
- La réalisation. La plateforme verse les fonds après déduction de sa commission, et le porteur du projet doit fournir ce qui a été promis : expédier le produit, rembourser le prêt ou gérer l’entreprise pour ses nouveaux actionnaires.
La plateforme est une place de marché, pas un garant : la réalisation de la promesse incombe à la personne qui a levé les fonds.
Types de crowdfunding, avec exemples
Le plus important à comprendre est que la contrepartie définit le modèle. Deux pages de campagne peuvent sembler identiques, alors que l’une relève du don, l’autre de la précommande et la troisième de l’investissement. Il existe quatre modèles de base : le financement par don, par récompense, par prêt et par actions, ainsi que des modèles hybrides qui les combinent.
| Modèle | Ce que les contributeurs reçoivent | Exemple courant | Remboursé ? |
|---|---|---|---|
| Par don | Rien de matériel, seulement la satisfaction d’aider | Une famille collecte de l’argent pour l’opération d’un proche | Non |
| Par contrepartie | Un produit, un accès anticipé, des produits dérivés ou une expérience | Un designer collecte des précommandes de sac à dos intelligent pour financer sa production | Non, la contrepartie constitue le retour |
| Par prêt (crowdlending, prêt P2P) | Le remboursement du prêt, majoré des intérêts | Une boulangerie emprunte à ses clients habituels pour ouvrir un deuxième établissement | Oui, avec intérêts |
| Par actions (crowd investing) | Des actions ou une participation comparable dans l’entreprise | Une brasserie artisanale vend des actions à ses admirateurs pour construire une nouvelle salle de brassage | Non, les contributeurs deviennent copropriétaires |
| Hybride | Un mélange, par exemple des actions pour les gros montants et des contreparties pour les petits | Une marque de produits de consommation transformant ses clients en actionnaires | Dépend de la composante |
Financement participatif par don
Les donateurs contribuent parce que la cause leur tient à cœur et n’attendent rien en retour. Le financement participatif par don est le modèle des collectes pour des soins médicaux, l’aide après une catastrophe et les initiatives locales : la charité traditionnelle, avec une boîte de collecte déplacée en ligne.
Financement participatif par contrepartie
Les soutiens paient à l’avance et reçoivent le produit avant sa commercialisation. Le financement par contrepartie associe précommande et marketing : il teste la demande, crée une clientèle et finance la première série de production. Juridiquement, il s’agit d’une vente ; pour les contributeurs, le principal risque est une livraison tardive ou annulée.
Financement participatif par prêt
Les contributeurs deviennent prêteurs : dans le prêt de pair à pair, une entreprise ou un promoteur immobilier emprunte à des centaines de particuliers et les rembourse avec intérêts. Les prêteurs perçoivent un rendement, mais peuvent perdre leur argent si l’emprunteur fait défaut, car aucun mécanisme de garantie des dépôts ne couvre un prêt participatif.
Financement participatif par actions
Également appelé financement participatif par investissement, ce modèle transforme les soutiens en actionnaires, qui ne profitent que si la startup verse des dividendes, est vendue ou entre en bourse. C’est du capital-risque ouvert au public : risque élevé, gain potentiellement élevé, et modèle le plus strictement réglementé, car il implique une offre publique de titres.
Termes clés du crowdfunding
Les sites de crowdfunding emploient leur propre vocabulaire ; voici les premiers termes qu’un débutant rencontre.
| Terme | Signification |
|---|---|
| Contributeur | Personne qui contribue à une campagne ; sur les plateformes de prêt et d’actions, elle est généralement appelée prêteur ou investisseur |
| Porteur du projet | Personne ou entreprise qui mène la campagne et est responsable de fournir ce qui a été promis |
| Engagement | Somme qu’un contributeur s’engage à verser ; sur les plateformes tout ou rien, elle n’est débitée que si la campagne réussit |
| Objectif de financement | Somme cible que la campagne doit atteindre avant son échéance |
| Objectif étendu | Objectif supplémentaire au-delà de l’objectif de financement, débloquant des fonctionnalités ou contreparties additionnelles s’il est atteint |
| Tout ou rien | Règle selon laquelle les fonds ne sont collectés que si l’objectif est atteint ; l’alternative est tout conserver |
| Plateforme de crowdfunding | Site web qui héberge les campagnes, traite les paiements et prélève une commission sur les sommes collectées |
Crowdfunding, collecte de fonds, prêts bancaires et capital-risque : les différences
Le crowdfunding est une forme de financement alternatif souvent confondue avec des solutions voisines ; la comparaison ci-dessous situe ses spécificités.
| Comparé à | Différence principale |
|---|---|
| Collecte de fonds | Toute démarche visant à recueillir de l’argent pour une cause ; le crowdfunding est une méthode spécifique reposant sur une plateforme en ligne et de nombreuses petites contributions |
| Prêt bancaire | Une banque prête ses propres fonds et exige des garanties ainsi qu’un historique de crédit ; le crowdlending regroupe l’argent de particuliers qui choisissent les projets à financer |
| Capital-risque | Un fonds de VC investit de grosses sommes dans peu d’entreprises et obtient un siège au conseil d’administration ; le financement par actions répartit de petits montants entre de nombreux investisseurs |
| Vente de jetons | Distribue des crypto-actifs plutôt que des actions ou prêts et relève de règles distinctes applicables aux crypto-actifs, non du droit du crowdfunding |
Le crowdfunding est-il réglementé ?
Oui, mais les règles dépendent du modèle. Les campagnes par don et par contrepartie sont régies par le droit de la consommation, des contrats et des œuvres caritatives. Le crowdfunding par prêt et par investissement destiné aux projets d’entreprise, utilisé par les startups et les PME, relève d’un cadre unique de l’UE : le règlement européen relatif aux prestataires européens de services de financement participatif (ECSPR), officiellement le règlement (UE) 2020/1503. Il couvre les offres allant jusqu’à 5 millions d’EUR par porteur de projet sur douze mois. Chaque plateforme, appelée prestataire de services de financement participatif dans le règlement, doit être agréée par son autorité nationale de surveillance financière et bénéficie ensuite d’un passeport européen.
Pour les financeurs, cela signifie qu’une plateforme réglementée doit fournir une fiche d’informations clés normalisée pour chaque offre, vérifier qu’un investisseur de détail comprend les risques et prévoir un court délai de rétractation après l’investissement. Les exigences de l’agrément sont expliquées dans l’article sur la licence obligatoire de financement participatif dans l’UE, avec des pages par pays sur la licence de financement participatif en Estonie et la licence de financement participatif en Lituanie. Les ventes de crypto-actifs ne relèvent pas d’ECSPR ; elles relèvent du cadre européen MiCA applicable aux crypto-actifs.
Avantages et inconvénients du crowdfunding
Pour les fondateurs et entrepreneurs, les avantages sont un financement sans garantie, une preuve immédiate de la demande et des premiers soutiens qui deviennent des ambassadeurs. Les inconvénients : les campagnes sont publiques et chronophages, la plupart n’atteignent pas leur objectif, et le succès crée simultanément des obligations envers des centaines de personnes.
Pour les contributeurs, le crowdfunding permet de soutenir des idées auxquelles ils croient et d’accéder à des investissements autrefois réservés aux professionnels. L’autre face est bien réelle : les contreparties peuvent arriver avec des années de retard, voire jamais ; les prêts peuvent faire défaut ; la plupart des startups échouent ; et les actions acquises par crowdfunding sont difficiles à revendre avant une sortie.
Règle pratique pour les contributeurs
Considérez un don comme un cadeau, une contrepartie comme une précommande qui pourrait ne jamais arriver, un prêt comme de l’argent que vous pouvez vous permettre de perdre, et des actions comme un billet de loterie offrant de meilleures chances que la loterie. Si la page de campagne n’indique pas clairement lequel des quatre vous achetez, n’achetez pas.
FAQ
Uniquement dans le crowdfunding par prêt, où les contributeurs sont des prêteurs et attendent le remboursement de leur argent avec intérêts. Les dons sont des cadeaux, les contreparties des précommandes, et les contributeurs en actions reçoivent des titres, non un remboursement.
Selon la règle du tout ou rien, utilisée par la plupart des plateformes de produits et d’actions, chaque engagement est restitué et le porteur du projet ne reçoit rien. Selon le principe tout conserver, il garde les sommes collectées et reste tenu de fournir ce qui a été promis.
Parfois. Les campagnes par actions et par prêt sont des investissements et sont réglementées comme tels. Les campagnes par don et par contrepartie ne le sont pas : les contributeurs ne reçoivent aucun rendement financier et sont considérés comme donateurs ou clients.
Il n’existe pas de plafond général ; les campagnes avec contrepartie vont de quelques centaines d’euros à plusieurs millions. Pour les campagnes d’entreprise réglementées dans l’UE, l’ECSPR fixe un plafond de 5 millions d’EUR par porteur de projet sur douze mois ; les offres plus importantes sortent du régime du crowdfunding et, pour les titres, relèvent des règles relatives au prospectus.
Plus sûr que d’envoyer de l’argent à un inconnu, moins sûr qu’un dépôt bancaire. Les plateformes examinent les campagnes et gèrent les paiements, mais ne garantissent ni la livraison ni le remboursement ; ne contribuez donc qu’à hauteur de ce que vous pouvez vous permettre de perdre.
Pour les campagnes de dons et de contreparties, oui, sous réserve des règles de la plateforme et des contrôles d’identité. Les campagnes de prêt et d’actions sont réservées aux projets d’entreprise, non aux consommateurs privés, et doivent passer par une plateforme agréée ECSPR.