L’Estonie et Chypre sont les deux juridictions de l’UE à faible fiscalité que les fondateurs non résidents présélectionnent le plus souvent pour immatriculer une société — et pour des raisons opposées. L’Estonie est conçue pour une société qui exerce son activité : elle vend des logiciels ou des services, facture des clients dans plusieurs pays et conserve ses bénéfices dans l’entreprise sans les imposer — le tout géré en ligne par un propriétaire qui ne met jamais les pieds dans le pays. Chypre est conçue pour une société qui détient des actifs : participations dans d’autres sociétés, investissements et propriété intellectuelle, dont les dividendes et produits de cession transitent avec très peu d’impôt.
Ce guide compare l’Estonie et Chypre pour les fondateurs étrangers qui continueront à vivre là où ils vivent déjà et géreront leur société à distance. Il couvre l’impôt sur les sociétés dans chaque pays, le coût réel d’une année de détention, ce qui change pour les sociétés de logiciels et les groupes envisageant une cession, ainsi que ce que demanderont les banques des deux pays. Il s’adresse aux fondateurs plutôt qu’aux fiscalistes.
Estonie ou Chypre en un paragraphe
L’Estonie n’impose les bénéfices de la société que lorsqu’ils sont versés aux propriétaires : une entreprise qui réinvestit peut donc se développer pendant des années sans impôt sur les sociétés, et une petite société n’a besoin ni d’avocat, ni de secrétaire juridique, ni d’auditeur. Chypre impose les bénéfices chaque année à 15 %, mais permet à une société de recevoir et redistribuer des dividendes ainsi que de céder des actions en grande partie sans impôt ; c’est pourquoi elle est le lieu d’implantation classique des holdings en Europe. Choisissez l’Estonie si la société tirera ses revenus de clients ; envisagez Chypre si elle détiendra surtout d’autres sociétés ou une PI de valeur. Ces deux choix ne tiennent que si la société est réellement gérée là où elle est immatriculée.
Tableau comparatif Estonie-Chypre : impôts, coûts et administration
Le tableau compare une OÜ estonienne et une Ltd chypriote sur l’impôt sur les sociétés, l’imposition des dividendes, l’immatriculation, les fonctions obligatoires et les frais annuels — les sujets qui intéressent le plus les entrepreneurs internationaux. Les taux et seuils évoluent parfois : considérez ces chiffres comme un point de départ, non comme un devis définitif.
| Point de comparaison | OÜ estonienne | Ltd chypriote |
|---|---|---|
| Forme sociale | Osaühing (OÜ), société privée à responsabilité limitée estonienne | Société privée limitée par actions (Ltd), fondée sur le droit des sociétés anglais |
| Usage habituel | Exploiter une activité : logiciels, services, conseil, agences, ventes en ligne | Détenir une activité : participations, investissements, propriété intellectuelle, siège de groupe |
| Impôt sur les sociétés | 0 % tant que le bénéfice reste dans la société ; 22 % du montant brut lorsqu’il est versé aux propriétaires | 15 % sur le bénéfice de chaque année, qu’il soit distribué ou conservé |
| Dividendes reçus par la société | Les dividendes d’une filiale détenue à au moins 10 % peuvent généralement être redistribués sans impôt estonien supplémentaire | Généralement exonérés d’impôt |
| Dividendes versés à un propriétaire étranger | Aucune retenue fiscale estonienne sur les dividendes ordinaires | Aucune retenue fiscale chypriote |
| Vente d’actions d’une autre société | La plus-value n’est pas imposée avant sa distribution aux propriétaires | La plus-value est généralement exonérée d’impôt |
| Revenus de logiciels et autres PI | Imposés comme tout autre bénéfice : rien avant distribution | Les revenus de PI éligibles peuvent être imposés à un taux effectif d’environ 3 % |
| Capital social | À partir d’un centime | Aucun minimum légal ; €1,000 est habituel |
| Qui gère l’immatriculation ? | Le fondateur, en ligne avec une carte e-Residency, ou un prestataire mandaté par procuration | Un avocat chypriote agréé — une obligation légale, pas une option |
| Délai d’immatriculation | Habituellement le jour ouvrable suivant | En général cinq à dix jours ouvrables après l’approbation du nom |
| Fonctions locales obligatoires | Adresse légale ; personne de contact lorsque le conseil est établi hors d’Estonie | Siège social et secrétaire de société à Chypre ; administrateurs résidents chypriotes conseillés pour la résidence fiscale |
| Comptes annuels | Rapport annuel déposé en ligne ; audit seulement au-delà de seuils que la plupart des petites sociétés n’atteignent jamais | États financiers audités chaque année par un auditeur agréé à Chypre (les plus petites sociétés peuvent bénéficier d’un examen allégé), plus une déclaration annuelle |
| Coût fixe habituel d’une année calme | Faible : adresse légale, personne de contact et comptabilité de base | Plusieurs fois supérieur : avocat, secrétaire, siège social, auditeur et souvent administrateurs résidents |
| Charges patronales pour le personnel local | Élevées : taxe sociale de 33 % plus une faible contribution chômage en sus du salaire brut | Modérées : cotisations patronales d’environ 15 % en sus du salaire brut |
| TVA | 24 % ; l’immatriculation devient obligatoire au-delà de €40,000 de chiffre d’affaires annuel | 19 % ; l’immatriculation devient obligatoire au-delà de €15,600 de chiffre d’affaires annuel |
| Langue administrative | Estonien officiellement, mais les services publics numériques et les prestataires travaillent en anglais | Grec pour les dépôts officiels ; l’anglais est la norme dans les affaires et chez les prestataires |
| Gestion depuis l’étranger | Le cas par défaut — le système suppose que le propriétaire ne se trouve pas en Estonie | Possible avec des administrateurs et prestataires locaux, mais si les décisions réelles sont prises à l’étranger, ce pays peut considérer la société comme son propre contribuable |
Trois lignes comptent particulièrement. Celle de l’impôt sur les sociétés présente deux philosophies, pas deux simples taux. Celle des coûts fixes explique pourquoi un fondateur solo ressent la différence chaque année, pas seulement à l’immatriculation. Enfin, la ligne relative à la PI est le cas où une société opérationnelle — une entreprise logicielle dotée d’une PI de valeur — peut trouver Chypre compétitive fiscalement.
L’Estonie et Chypre sont des outils adaptés à des usages différents plutôt que des rivales, et de nombreux groupes internationaux utilisent les deux : une société chypriote au sommet pour détenir les actions, et une société estonienne en dessous pour exploiter l’activité. Si vous hésitez encore sur les pays à présélectionner, notre aperçu du meilleur pays pour créer une société offre une vision plus large.
Impôt sur les sociétés en Estonie et à Chypre : imposition des bénéfices
L’impôt estonien différé : rien à payer avant la sortie des bénéfices
Une société estonienne ne paie aucun impôt sur les sociétés sur les bénéfices qu’elle réalise. Elle paie l’impôt lorsqu’elle distribue ces bénéfices — le plus souvent sous forme de dividendes à ses propriétaires. Le taux est alors de 22 % du montant brut, payé par la société avant que le dividende net ne revienne à l’actionnaire ; aucune retenue fiscale estonienne n’est opérée sur le dividende lui-même. Pour le propriétaire, la règle est simple : l’argent qui reste dans l’entreprise n’est pas imposé ; celui que vous en retirez l’est à 22 %. Une société peut accumuler plusieurs années de bénéfices, les consacrer au recrutement, au développement de produits ou au marketing, et ne jamais recevoir de facture d’impôt sur les sociétés. L’impôt n’est pas supprimé : il est reporté jusqu’à ce que vous décidiez de vous verser des fonds.
Impôt sur les sociétés chypriote : 15 % par an, quel que soit l’usage du bénéfice
Chypre fonctionne comme la plupart des pays. La société calcule son bénéfice à la fin de l’année et paie l’impôt sur les sociétés — 15 %, contre 12.5 % pendant deux décennies. Peu importe que les propriétaires retirent l’argent ou le laissent dans l’entreprise. L’attrait de Chypre ne tient pas au taux, mais aux exonérations qui l’entourent pour les dividendes, les cessions d’actions et la PI, décrites dans les sections ci-dessous consacrées aux sociétés de logiciels et aux groupes.
Exemple fiscal Estonie-Chypre : €120,000 de bénéfice
Imaginez une société opérationnelle qui clôture l’année avec €120,000 de bénéfice, détenue par un fondateur non résident vivant hors des deux pays. Voici ce que chaque juridiction prélève selon l’usage que le fondateur fait de cet argent.
| Ce que fait le propriétaire | Estonie (OÜ) | Chypre (Ltd) |
|---|---|---|
| Conserve les €120,000 dans la société | €0 d’impôt sur les sociétés | €18,000 d’impôt sur les sociétés ; €102,000 restent dans la société |
| Distribue la moitié et conserve l’autre | €13,200 d’impôt sur les sociétés ; €46,800 reçus, €60,000 conservés | €18,000 d’impôt sur les sociétés ; €51,000 reçus, €51,000 conservés |
| Distribue les €120,000 en totalité | €26,400 d’impôt sur les sociétés ; €93,600 reçus | €18,000 d’impôt sur les sociétés ; €102,000 reçus |
| Impôt dans le pays de résidence du propriétaire | Le dividende peut être imposé de nouveau là où vit le propriétaire | De même — un dividende chypriote n’est pas automatiquement exonéré dans le pays de résidence |
Le principe est facile à retenir. Chypre ne coûte moins cher que si vous distribuez presque tout ce que vous gagnez. Dès qu’environ un tiers du bénéfice reste dans l’entreprise, l’Estonie coûte moins cher — et si vous en réinvestissez l’essentiel, l’Estonie ne coûte rien du tout. Pour une entreprise en croissance qui réinvestit, cette économie se cumule chaque année. Notre guide des dividendes en Estonie explique comment ils sont déclarés et versés, ainsi que leur interaction avec le salaire du propriétaire.
Estonie ou Chypre pour une société SaaS ou logicielle : report d’impôt ou IP box
Les fondateurs de SaaS et de sociétés de logiciels constituent le plus grand groupe comparant une société estonienne et une société chypriote, et ils font face à un arbitrage particulier. L’offre estonienne combine simplicité et report d’impôt : développez le produit, conservez chaque euro de bénéfice dans la société, ne payez rien avant de distribuer. L’offre chypriote est le régime IP box : si la société développe et détient un logiciel éligible, une grande partie des revenus correspondants peut être imposée à un taux effectif d’environ 3 % — inférieur à presque tout ce qui existe dans l’UE, mais prélevé chaque année.
Le meilleur choix dépend du stade de l’entreprise. Une jeune société SaaS qui réinvestit tout ne tire aucun avantage d’un faible taux sur un bénéfice qui n’aurait de toute façon pas été imposé, tandis que le régime chypriote exige documentation, audit et honoraires professionnels avant de s’appliquer. C’est pour une société logicielle mature et rentable qui distribue la plupart de ses revenus, ou dont les propriétaires prévoient une vente, que le calcul chypriote commence à fonctionner. La plupart des fondateurs n’atteignent ce stade, s’ils l’atteignent, que des années après la création de leur première société — et cette société peut alors simplement devenir une filiale.
L’embauche est l’autre différence. Si l’équipe est à distance et rémunérée comme prestataires indépendants, les règles de paie d’aucun des deux pays n’ont beaucoup d’importance. Si vous employez des personnes dans le pays même, la paie chypriote est nettement moins chère — cotisations patronales d’environ 15 % contre taxe sociale estonienne de 33 % — alors que l’Estonie offre une administration numérique sans friction et un vaste vivier de développeurs locaux. Pour une entreprise dirigée par son fondateur et sans personnel local, la ligne sur la paie est théorique ; pour une société prévoyant un bureau local, c’est une dépense réelle.
Holding chypriote ou OÜ estonienne pour les groupes et les cessions
Si Chypre impose les bénéfices chaque année et l’Estonie ne le fait pas, pourquoi créer malgré tout une holding chypriote ? Parce qu’une holding ne réalise pas le type de bénéfice auquel s’applique le taux de 15 %. Ses revenus sont des dividendes, des plus-values et parfois des redevances — et Chypre les traite avec une grande souplesse :
- Dividendes entrants, dividendes sortants. Les dividendes reçus des filiales sont généralement exonérés, et les dividendes versés à des actionnaires étrangers sont distribués sans retenue fiscale. L’argent peut passer d’une société opérationnelle à son propriétaire via Chypre en n’étant imposé, au plus, qu’une fois.
- Vendre une entreprise. Le bénéfice tiré de la vente d’actions d’une autre société est généralement exonéré. Pour un fondateur qui prévoit de créer puis vendre, cela peut compter davantage que tout taux annuel.
- Conventions et reconnaissance. Chypre possède un vaste réseau de conventions contre la double imposition, et les banques, investisseurs et conseillers de nombreux pays connaissent déjà le fonctionnement d’une holding chypriote — ce qui raccourcit la due diligence lors de l’arrivée de capitaux externes.
Une holding estonienne est également possible. Elle peut détenir des filiales, et les dividendes d’une société dont elle détient au moins 10 % peuvent généralement être redistribués à ses propriétaires sans seconde couche d’impôt estonien ; la plus-value de cession d’une filiale n’est simplement pas imposée avant distribution. Pour un fondateur ayant une ou deux sociétés, c’est une entité mère tout à fait adaptée. Ce qui manque à l’Estonie est l’écosystème spécialisé des holdings — planification conventionnelle, familiarité et infrastructure professionnelle — qui devient important lorsqu’un groupe s’étend sur plusieurs pays, accueille des investisseurs externes ou se dirige vers une cession.
Les avantages chypriotes ont un prix : des administrateurs résidents qui prennent réellement les décisions, des réunions du conseil sur l’île, un véritable bureau, un secrétaire et un audit annuel. Une holding mérite son coût lorsqu’un véritable groupe existe sous elle ; comme coquille vide sans actifs à détenir, elle coûte de l’argent et suscite des questions de la part des banques.
Coût de gestion d’une société en Estonie ou à Chypre : une année de détention
L’immatriculation d’une société est une dépense ponctuelle ; les frais annuels de maintien sont permanents, et c’est là qu’une société estonienne et une société chypriote se distinguent le plus pour une petite entreprise dirigée par son fondateur.
Une OÜ estonienne est immatriculée en ligne par le fondateur avec une carte e-Residency, ou par un prestataire muni d’une procuration, et apparaît normalement au registre le jour ouvrable suivant. Le capital social commence à un centime. Il n’y a ni secrétaire de société, ni avocat intervenant, ni audit légal avant que l’entreprise ne devienne bien plus grande que la plupart des entreprises de fondateurs. La société doit disposer d’une adresse légale en Estonie et, lorsque le conseil d’administration est établi à l’étranger, d’une personne de contact agréée — deux services habituellement proposés ensemble — ainsi que d’un comptable pour la tenue mensuelle des comptes, les déclarations fiscales et un rapport annuel, tous déposés en ligne. Une société peu active peut être maintenue pendant des années à un coût fixe modeste.
La création d’une société à Chypre passe par un avocat agréé par le Cyprus Bar Association, qui rédige les documents constitutifs en grec et dépose les formulaires de constitution ; le fondateur doit aussi disposer d’un siège social et d’un secrétaire de société à Chypre, ainsi que d’administrateurs établis à Chypre si la société doit y être résidente fiscale. Une fois en activité, elle doit tenir une comptabilité régulière, faire auditer — ou, pour les plus petites sociétés, examiner — ses états financiers chaque année par un auditeur agréé, déposer une déclaration annuelle et acquitter l’impôt sur les sociétés par acomptes. Rien de tout cela n’est inhabituel dans un pays européen ; c’est comparable à ce qu’affronte une société allemande ou espagnole. Cela signifie toutefois qu’une société chypriote implique toujours plusieurs professionnels rémunérés, et qu’un fondateur ne peut guère la gérer seul à distance.
La conséquence pratique est simple : la société estonienne convient à une entreprise qui peut démarrer petite et rester légère. La société chypriote présente un niveau minimal de frais fixes qui ne se justifie que lorsqu’il y a assez d’activité, ou assez de valeur dans la holding, pour les absorber. Si vous vous orientez vers une société estonienne, la création d’une société en Estonie est l’étape pratique suivante.
Comptes bancaires et substance des sociétés estoniennes et chypriotes
Aucun des deux pays ne fournit un compte bancaire professionnel avec le certificat d’immatriculation. Dans les deux cas, une banque ou un établissement de paiement demandera ce que fait la société, qui la détient, où se trouvent ses clients, d’où provient l’argent et où les décisions sont prises — et elle attendra des réponses cohérentes. Une société opérationnelle estonienne ayant de vraies factures et de vrais clients satisfait généralement à ce critère auprès d’établissements de paiement établis dans l’UE et, avec davantage d’efforts, d’une banque. Une holding chypriote avec des filiales, des contrats et des administrateurs résidents le satisfait également. Ce qui pose problème dans les deux pays est une société sans activité, sans objectif clair et dont le propriétaire ne peut expliquer la structure.
Les autorités fiscales posent la même question sous l’autre angle : où cette société est-elle réellement gérée ? Une société est imposée là où elle est dirigée, et pas seulement là où elle est immatriculée. Le droit chypriote considère par défaut qu’une société immatriculée sur place est résidente fiscale chypriote, et l’Estonie fait de même pour une OÜ — mais aucune de ces règles n’empêche le pays où siègent réellement les administrateurs de revendiquer également la société ; au titre des conventions fiscales, elle finit généralement résidente là où elle est effectivement gérée. C’est la manière la plus fréquente dont une structure pourtant raisonnable tourne mal, et cela vaut autant pour Tallinn que pour Nicosie.
Avant de choisir l’un des deux pays
Si vous vivez en Allemagne et prenez chaque décision pour votre société estonienne ou chypriote depuis votre bureau à Munich, les règles fiscales allemandes peuvent considérer cette société comme allemande — et aucun certificat d’immatriculation ne peut l’empêcher. Les deux pays fonctionnent bien lorsque la structure reflète la réalité : une véritable gestion dans le pays d’immatriculation, ou au moins une compréhension claire de la manière dont votre pays de résidence examinera l’accord. Mieux vaut le vérifier auprès d’un conseiller dans votre propre pays avant l’immatriculation, et non après.
Quelle juridiction choisir : liste de contrôle Estonie ou Chypre
Créez une société en Estonie lorsque…
- la société tirera ses revenus de clients — logiciels, services, conseil, travail d’agence, ventes en ligne ;
- vous prévoyez de réinvestir la majeure partie des bénéfices au cours des prochaines années plutôt que de les distribuer ;
- vous souhaitez ouvrir et gérer vous-même la société, en ligne, sans avocats ni auditeurs sous contrat permanent ;
- vous démarrez petit et voulez les frais fixes les plus bas possible pendant que l’entreprise trouve son rythme ;
- vous avez davantage besoin d’un numéro de TVA européen et de crédibilité dans l’UE que de planification conventionnelle.
Envisagez une société chypriote lorsque…
- la fonction principale de la société est de détenir des actions d’autres sociétés et de percevoir des dividendes ;
- vous prévoyez de vendre une entreprise ou une participation et souhaitez que la plus-value arrive en grande partie non imposée au niveau de la société ;
- une entreprise logicielle mature tire une part significative de ses revenus d’une PI pouvant relever du régime chypriote et distribue la majeure partie de ses bénéfices ;
- des investisseurs externes ou partenaires de plusieurs pays ont besoin d’une structure de holding qu’ils reconnaissent déjà ;
- le groupe est assez important pour que des administrateurs résidents, un bureau, un secrétaire et un audit annuel constituent un coût normal d’exploitation.
Si aucune liste ne vous décrit clairement — par exemple une activité opérationnelle qui aura plus tard besoin d’une couche holding — la réponse est souvent les deux, successivement : commencez par la société estonienne qui réalise l’activité, puis ajoutez une holding chypriote (ou autre) seulement lorsqu’il existe une véritable valeur à détenir. Les fondateurs qui comparent plus de deux pays peuvent aussi consulter notre guide sur le meilleur pays pour créer votre entreprise.
Trois mythes sur la fiscalité des sociétés en Estonie et à Chypre
- « 15 % est inférieur à 22 %, donc Chypre est moins chère. » Ces deux chiffres mesurent des choses différentes. Chypre prélève 15 % de tout ce que gagne la société, chaque année. L’Estonie prélève 22 % uniquement sur ce que les propriétaires retirent, et 0 % sur le reste. Comparez-les selon l’argent que vous retirerez réellement, pas selon le taux affiché — l’exemple de €120,000 ci-dessus montre que l’Estonie est avantageuse sauf si presque tous les bénéfices sont distribués.
- « Chypre est un paradis fiscal. » Ce n’est pas le cas, et ne l’est plus depuis des années. C’est un État membre de l’UE avec un impôt sur les sociétés de 15 %, des audits obligatoires, un registre des bénéficiaires effectifs que les banques et autorités fiscales peuvent consulter, et un échange complet d’informations avec les autres pays. Ses attraits sont des exonérations précises pour les activités de holding, non le secret ou le zéro impôt.
- « Une société estonienne ne peut pas être une holding. » Elle le peut. Une OÜ peut détenir des filiales dans tout pays, recevoir leurs dividendes et les redistribuer sans deuxième imposition estonienne lorsqu’elle détient au moins 10 %, puis les vendre sans impôt jusqu’à la distribution du produit. Ce qui lui manque est l’écosystème spécialisé de Chypre, non la capacité juridique.
Estonie ou Chypre : verdict pour les fondateurs non résidents
Pour le fondateur auquel cette comparaison s’adresse le plus souvent — non résident, numérique, exploitant une activité active au-delà des frontières depuis son lieu de résidence — l’immatriculation en Estonie est le choix le plus solide, et de loin. Une OÜ ne coûte presque rien à ouvrir, peu à maintenir, peut être gérée par une seule personne depuis n’importe où et n’impose pas les bénéfices avant leur retrait. Chypre vous demande d’accepter un avocat, un secrétaire, un auditeur, des administrateurs résidents et 15 % par an en échange d’avantages qu’une société opérationnelle utilise rarement.
Pour le fondateur qui construit un groupe, prévoit une cession ou dirige une entreprise logicielle mature distribuant la plupart de ses bénéfices, Chypre offre de véritables avantages établis que l’Estonie ne cherche pas à égaler. Dans ces cas, le coût et la substance supplémentaires sont le prix d’entrée, et ils valent la peine d’être assumés — à condition que la structure soit réelle.
En une phrase : l’Estonie est la juridiction pour exploiter une entreprise, Chypre celle pour en détenir une. Déterminez ce que sera votre société, et le pays se choisira largement de lui-même.
Comment Eesti Firma peut vous aider
Eesti Firma accompagne les fondateurs internationaux du côté estonien de cette comparaison, et nous le disons ouvertement. Lorsqu’un client a réellement besoin d’une holding chypriote, nous le lui indiquons ; pour les entreprises opérationnelles qui constituent la majorité de nos clients, l’OÜ estonienne est généralement l’outil le plus adapté, pour les raisons exposées ci-dessus.
Si c’est l’orientation que vous envisagez, nous pouvons vous aider à créer une société en Estonie — y compris l’adresse légale et la personne de contact — et assurer la comptabilité à distance ainsi que le rapport annuel une fois la société en activité. Les fondateurs qui évaluent encore plusieurs pays de l’UE peuvent également lire notre aperçu de la création d’une société en Europe.
Questions fréquentes
Relativement, oui. Son impôt sur les sociétés de 15 % figure parmi les taux standards les plus bas de l’UE, et les holdings paient souvent bien moins en pratique car les dividendes reçus et les plus-values sur actions sont généralement exonérés. Chypre n’est plus la juridiction à 10 % ou 12.5 % décrite dans les anciens articles, et ce n’est ni une juridiction à zéro impôt ni une juridiction de secret.
Cela dépend de l’usage que vous faites des bénéfices. L’Estonie ne prélève rien tant que les bénéfices restent dans la société et 22 % lorsqu’ils sont distribués ; Chypre prélève 15 % chaque année dans tous les cas. Si vous réinvestissez un tiers ou plus de vos bénéfices, l’Estonie est moins chère ; si vous distribuez presque tout chaque année, Chypre l’est. Pour une holding qui ne fait que recevoir et redistribuer des dividendes, Chypre est généralement moins chère car elle n’impose pas ces dividendes du tout.
Pour une jeune société logicielle qui réinvestit ses bénéfices, l’Estonie : il n’y a aucun impôt à économiser avant la distribution, et l’administration y est bien plus légère. Chypre devient intéressante pour une entreprise logicielle mature qui détient une PI éligible et distribue la plupart de ses bénéfices, car son IP box impose ces revenus à un taux effectif d’environ 3 % — mais seulement après documentation, audit et honoraires professionnels.
Oui. Une OÜ peut détenir des filiales, et les dividendes d’une société dont elle détient au moins 10 % peuvent généralement être redistribués à ses actionnaires sans deuxième imposition estonienne. Elle convient bien à un fondateur ayant quelques sociétés. Chypre offre un environnement de holding plus spécialisé — larges exonérations, vaste réseau de conventions et IP box — qui importe pour les groupes plus grands ou plus complexes et les cessions.
Oui. En vertu du droit chypriote, seul un avocat agréé par le Cyprus Bar Association peut préparer et signer les documents de constitution, qui sont rédigés en grec. En Estonie, aucun avocat n’intervient : un fondateur muni d’une carte e-Residency immatricule la société en ligne en une journée, ou autorise un prestataire à le faire par procuration.
Aucun des deux pays ne prélève de retenue à la source sur les dividendes ordinaires versés à un actionnaire non résident. En Estonie, la société a déjà payé 22 % sur la distribution ; à Chypre, elle a payé 15 % sur son bénéfice. Dans les deux cas, le propriétaire peut encore devoir de l’impôt sur le dividende dans son pays de résidence ; la facture totale dépend donc de votre propre résidence fiscale, et pas uniquement de celle de la société.
Une Ltd chypriote implique toujours plusieurs fonctions rémunérées : siège social, secrétaire de société, auditeur agréé à Chypre pour l’audit ou l’examen annuel, et habituellement administrateurs résidents. Une OÜ estonienne a besoin d’une adresse légale, d’une personne de contact si le conseil vit à l’étranger, et d’un comptable ; elle n’a besoin ni de secrétaire, ni d’avocat, ni d’audit pour une petite société. La société estonienne est nettement moins coûteuse à maintenir, ce qui explique pourquoi elle convient aux entreprises qui démarrent petites.