Réponse rapide
Une licence PSP au Canada, ou licence de prestataire de services de paiement, s’obtient en inscrivant votre société comme prestataire de services de paiement (PSP) auprès de la Banque du Canada. Elle est nécessaire si vous transférez ou détenez, comme service, les fonds de clients en monnaies ordinaires telles que les dollars ou les euros. Les exemples courants sont les transferts d’argent, portefeuilles électroniques et cartes de paiement. Vous préparez deux cadres écrits, déposez votre demande en ligne dans le portail PSP Connect de la Banque et payez des frais uniques d’environ CAD 2 500 (en 2026). Prévoyez quelques mois, car vous ne pouvez lancer les services de paiement qu’une fois inscrit.
Si vous prévoyez de lancer une activité de paiements ou de crypto au Canada, vous entendrez vite parler de la licence PSP. C’est la licence de paiement dont ont besoin la plupart des entreprises de transfert d’argent, de portefeuilles électroniques et de cartes au Canada. Ce guide clair explique comment devenir prestataire de services de paiement au Canada : services concernés, éléments à préparer, procédure de demande, coût et délais. Il présente aussi les attentes de la Banque du Canada après l’inscription.
Ces termes reviennent tout au long de la procédure :
| Terme | Signification en termes simples |
|---|---|
| PSP (prestataire de services de paiement) | Une entreprise qui transfère ou détient les fonds d’autrui en tant que service |
| RPAA | La loi fédérale Retail Payment Activities Act, à l’origine de la licence PSP |
| Monnaie fiduciaire | Une monnaie émise par un État, comme le dollar canadien, l’euro ou la livre ; la crypto n’est pas une monnaie fiduciaire |
| PSP Connect | Le portail en ligne de la Banque du Canada pour les demandes, rapports et messages |
| Protection des fonds | Séparer les fonds des clients des fonds propres de la société afin qu’ils soient restitués si la société fait faillite |
Quels services de paiement nécessitent une licence PSP
Vous avez besoin d’une licence PSP si votre société transfère ou détient électroniquement les fonds fiduciaires de clients comme service autonome. Cette règle concerne les sociétés établies au Canada ainsi que les sociétés étrangères qui ciblent activement et servent des clients canadiens. Pour les entreprises crypto et de paiement, les cas typiques sont :
- Transferts internationaux d’argent. Les clients envoient par votre service de l’argent à l’étranger à leur famille, fournisseurs ou partenaires.
- Portefeuilles électroniques et comptes de paiement. Les clients conservent un solde chez vous et l’utilisent pour payer ou envoyer de l’argent.
- Cartes de paiement. Les clients paient avec une carte que vous fournissez, y compris des cartes permettant de dépenser de la crypto tandis que le commerçant reçoit de la monnaie fiduciaire.
- Passerelles de paiement crypto qui règlent les commerçants en monnaie fiduciaire. Vous acceptez de la crypto des acheteurs et payez le commerçant en dollars ou en euros.
- Paiements à des tiers. Les clients échangent des devises ou vendent de la crypto, et vous envoyez la monnaie fiduciaire à une autre personne au lieu de la leur restituer.
Vous n’avez pas besoin d’une licence PSP pour une plateforme crypto où les clients achètent et vendent de la crypto avec leurs propres fonds fiduciaires. Cela reste vrai même s’ils conservent chez vous un solde en monnaie fiduciaire. Les distributeurs automatiques de crypto et guichets en espèces n’en nécessitent pas non plus.
Vérifiez votre modèle avant de vous inscrire auprès de la Banque du Canada. Une vérification rapide économise du temps et de l’argent, car les frais ne sont pas remboursés si la loi ne couvre finalement pas votre activité. Notre guide sur les cas où les MSB crypto et de paiement doivent s’inscrire au titre de la RPAA explique le test et les situations limites.
Avantages de l’inscription PSP pour une entreprise de paiement
Une licence PSP correspond à l’inscription de votre société auprès de la Banque du Canada comme prestataire de services de paiement, souvent appelée inscription PSP ou inscription RPAA. Elle apporte deux avantages pratiques :
- Une trace publique de votre statut. Votre société apparaît dans le registre public des PSP de la Banque, que les banques, partenaires et clients consultent avant de travailler avec une entreprise de paiement.
- La crédibilité de la supervision par une banque centrale. Les clients constatent que la banque centrale du Canada supervise votre gestion du service et la protection de leurs fonds.
L’inscription auprès de la Banque du Canada s’ajoute à la licence MSB délivrée par FINTRAC. La licence MSB couvre les règles de lutte contre le blanchiment d’argent, tandis que la licence PSP couvre la fiabilité de votre service de paiement et la sécurité des fonds des clients. De nombreuses entreprises de paiement détiennent les deux. Les obligations AML d’un PSP, telles que l’identification des clients et les seuils de déclaration, découlent de son inscription auprès de FINTRAC.
Exigences de la licence PSP : licence MSB et cadres RPAA
Obtenez d’abord votre licence MSB
De nombreux demandeurs PSP sont aussi des entreprises de services monétaires (MSB). La Banque du Canada vous interroge sur votre inscription auprès de FINTRAC et partage votre demande avec FINTRAC. Elle attend d’un demandeur qui doit être inscrit auprès de FINTRAC comme MSB qu’il le soit déjà. L’ordre logique est donc : d’abord votre licence MSB au Canada, puis la licence PSP. Une grande partie des éléments, notamment les informations sur la propriété et la description de vos services, peut être réutilisée.
Rédigez les deux cadres RPAA : gestion des risques et protection des fonds
Les exigences essentielles de la RPAA pour un prestataire de services de paiement se résument à deux documents internes. La demande vous invite à les décrire, et la Banque vérifiera ensuite que vous les appliquez. Tous deux doivent être adaptés à la taille de votre entreprise : une petite start-up n’a pas besoin de la documentation d’une grande banque.
Le cadre de gestion des risques et de réponse aux incidents est votre plan pour maintenir le fonctionnement du service. Il doit :
- fixer des objectifs clairs et des cibles de fiabilité mesurables pour votre service de paiement ;
- recenser vos principaux risques, tels que les cyberattaques, la fraude, les défaillances IT, les erreurs du personnel et les problèmes de fournisseurs, ainsi que les contrôles associés ;
- expliquer comment vous détectez les incidents, rétablissez le service et informez la Banque ainsi que les clients concernés ;
- désigner un dirigeant responsable et être revu et testé au moins une fois par an.
Le cadre de protection des fonds est requis si vous détenez les fonds de clients, même brièvement (la loi les appelle fonds des utilisateurs finaux). Les fonds qui ne font que transiter vers leur bénéficiaire sont généralement considérés comme en transit et non détenus. Le cadre doit :
- indiquer comment vous protégez les fonds : sur un compte fiduciaire ou sur un compte distinct assorti d’une assurance ou d’une garantie d’un prestataire réglementé indépendant ;
- exiger un registre quotidien du solde de chaque client ;
- expliquer comment les clients accèdent sans délai à leurs fonds et comment ils leur sont restitués si la société fait faillite ;
- désigner un dirigeant responsable et être revu au moins une fois par an.
C’est l’étape à laquelle de nombreux demandeurs font appel à une aide externe. Nos consultants peuvent préparer les politiques et cadres internes sur lesquels repose votre demande, adaptés au fonctionnement réel de votre entreprise.
Documents et informations pour votre demande auprès de la Banque du Canada
Le formulaire suit les Retail Payment Activities Regulations. Rassemblez ces informations avant de commencer : une demande RPAA complète évite des semaines de questions complémentaires.
| Partie de la demande | Ce que vous fournissez | Conseil |
|---|---|---|
| Société | Noms, adresses, site web et personne de contact (kontaktisik) | Utilisez les mêmes informations que dans votre dossier FINTRAC |
| Propriétaires et dirigeants | Un schéma simple de propriété ; toute personne détenant 10 % ou plus des droits de vote ; administrateurs et dirigeants ; leur lieu de résidence et leur nationalité | Ces informations servent au contrôle de sécurité nationale : ne laissez aucun champ vide |
| Vos services de paiement | Ce que vous faites des fonds des clients, dans quelles monnaies, et les éventuels agents agissant pour vous | Décrivez les flux de fonds réels, et non leur présentation sur votre site web |
| Activité prévue | Nombre et valeur des transferts, nombre de clients et fonds de clients détenus — chiffres réels des 12 derniers mois ou prévisions pour la première année | Gardez des prévisions réalistes |
| Vos deux cadres | Une description de vos dispositifs de gestion des risques et de protection des fonds, ainsi que de la banque ou de l’assureur utilisé | Le compte doit être détenu auprès d’un établissement financier réglementé |
| Fournisseurs et données | Fournisseurs clés tels que l’hébergement ou les vérifications ID, lieu de stockage des données et données personnelles collectées | Listez tout fournisseur dont la défaillance pourrait perturber les paiements |
| Sociétés étrangères uniquement | Un représentant au Canada qui accepte les notifications de la Banque en votre nom | Désignez le représentant avant le dépôt |
Comment s’inscrire comme PSP dans PSP Connect : quatre étapes
L’inscription comme prestataire de services de paiement se fait entièrement en ligne, en quatre étapes :
- Créez un compte PSP Connect. Toutes les demandes passent par ce portail. Vous l’utiliserez ensuite également pour les rapports et messages ; inscrivez-le au nom d’une personne qui restera dans la société.
- Remplissez le formulaire. La Banque publie un guide détaillé pour chaque champ. Vérifiez que vos réponses correspondent à votre dossier FINTRAC, à votre site web et à vos contrats.
- Payez les frais. Le montant total est payé en une fois, généralement par carte. La Banque commence l’examen de votre demande seulement après réception du paiement.
- Déposez et répondez rapidement. Vous recevez une confirmation dans PSP Connect. Une demande déposée ne peut pas être annulée. Si la Banque pose des questions, vous disposez de 30 jours pour répondre. Si un élément de votre demande change, informez immédiatement la Banque.
Combien coûte une licence PSP au Canada ?
| Poste de coût | À prévoir |
|---|---|
| Frais de demande auprès de la Banque du Canada | Environ CAD 2 500 (en 2026), paiement unique, indexé chaque année sur l’inflation et non remboursable |
| Frais annuels de supervision | Prévus par la loi et fondés sur l’activité de chaque prestataire, mais pas encore en vigueur à la date de rédaction |
| Préparation des cadres et de la demande | Dépend de votre modèle d’entreprise ; généralement le coût le plus élevé |
| Protection des fonds des clients | Frais d’un compte fiduciaire ou distinct, ou prime d’assurance ou de garantie |
| Représentant au Canada | Uniquement pour les sociétés étrangères sans bureau canadien |
Si vous devez présenter une nouvelle demande, les frais sont à nouveau facturés.
Délais de la licence PSP : durée de l’inscription auprès de la Banque du Canada
Après le dépôt, deux contrôles sont menés simultanément : la Banque du Canada examine votre demande et le ministre des Finances effectue un contrôle de sécurité nationale. Si la Banque vous adresse des questions, vous disposez de 30 jours pour répondre à chacune. Un examen de sécurité approfondi n’est ouvert que dans certains cas ; lorsqu’il l’est, il peut ajouter plusieurs mois.
La Banque ne publie pas de délai de traitement fixe. Une demande complète accompagnée de réponses rapides peut être tranchée en quelques mois. Les dossiers avec de nombreuses questions complémentaires prennent davantage de temps. Vous ne pouvez pas offrir de services de paiement avant votre inscription, et la Banque demande aux nouveaux prestataires de déposer leur demande au moins 60 jours avant le lancement. En pratique, prévoyez plusieurs mois.
Durant l’attente, votre société apparaît sur la liste publique des demandeurs de la Banque. Les banques et partenaires consultent souvent cette liste lorsqu’ils intègrent une nouvelle entreprise de paiement.
Comment éviter un refus de la Banque du Canada
La plupart des refus résultent de quelques points évitables. Assurez-vous que :
- vous répondez aux questions de la Banque dans les 30 jours ;
- les informations de votre demande sont complètes et exactes ;
- vous détenez une inscription FINTRAC si votre activité l’exige ;
- vous commencez les services de paiement uniquement après l’inscription ;
- votre activité relève effectivement de la RPAA.
Des informations claires et complètes sur les propriétaires et les données facilitent également le contrôle de sécurité nationale. Le point le plus simple à régler d’abord est le dernier : vérifiez si la RPAA couvre votre modèle avant de payer.
Si la Banque refuse votre demande, vous pouvez lui demander de réexaminer la décision dans les 30 jours.
Après l’inscription : conformité RPAA d’un PSP inscrit
L’inscription marque le début de la supervision, ce qui signifie principalement pour une start-up fintech des rapports réguliers. La Banque du Canada suit votre activité par des rapports et questions, et peut aussi examiner vos documents ou visiter vos bureaux. Voici les principales obligations :
| Obligation | Ce que vous faites |
|---|---|
| Maintenir l’efficacité de vos cadres | Les appliquer en pratique, les revoir au moins une fois par an et les faire approuver par la direction et le conseil |
| Signaler les incidents graves | Informer sans délai la Banque et les clients concernés des incidents |
| Notifier la Banque avant les changements | Donner un préavis d’au moins cinq jours ouvrables avant un changement majeur ou un nouveau service de paiement |
| Déposer un rapport annuel | Le soumettre avant le 31 mars pour l’année civile précédente |
| Maintenir vos informations à jour | Signaler les changements, comme un nouvel administrateur, une adresse ou un fournisseur clé, généralement dans les 30 jours |
| Obtenir l’approbation pour un nouveau propriétaire contrôlant | Déposer une nouvelle demande avant qu’une personne n’acquière un tiers ou plus des droits de vote |
La Banque attend aussi des réponses à ses questions, généralement dans les 15 jours. Pour une petite entreprise bien organisée, ces obligations deviennent vite habituelles. Le cadre de supervision de la Banque explique chaque obligation en détail.
Inscription PSP canadienne ou licence d’établissement de paiement de l’UE
De nombreux fondateurs recherchant une licence PSP connaissent le modèle européen, dans lequel les établissements de paiement et de monnaie électronique doivent obtenir un agrément complet au titre des règles de l’UE relatives aux services de paiement. Le parcours canadien est conçu différemment et constitue, pour de nombreux modèles, une voie d’entrée plus légère.
| Licence PSP au Canada | Licence d’établissement de paiement ou de monnaie électronique de l’UE | |
|---|---|---|
| Autorité qui l’accorde | Banque du Canada | Autorité nationale de régulation du pays de l’UE choisi |
| Capital minimum | Aucun | Capital initial de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros, plus des fonds propres continus |
| Délai habituel | Quelques mois | Généralement beaucoup plus long |
| Zone d’application | Canada | Tout l’Espace économique européen grâce au passeport européen |
Le compromis porte sur la portée. Une licence PSP canadienne couvre le Canada, tandis qu’une licence de l’UE ouvre l’ensemble du marché européen. Pour une entreprise de paiement souhaitant démarrer rapidement et conserver son capital disponible, le Canada constitue souvent une première étape pratique. Une entreprise canadienne peut toujours servir les clients de l’UE qui viennent à elle de leur propre initiative, comme l’explique notre guide sur les services aux clients de l’UE avec une MSB canadienne.
Obtenir votre licence PSP au Canada avec l’aide d’experts
Le formulaire de la Banque du Canada est lui-même simple. L’essentiel est le contenu qui le sous-tend : informations complètes sur la propriété, prévisions réalistes et deux cadres correspondant au fonctionnement réel de votre activité. Les réussir dès la première fois signifie moins de questions et une attente plus courte.
Nos consultants aident les entreprises crypto et de paiement à obtenir une licence MSB FINTRAC et peuvent accompagner parallèlement la demande auprès de la Banque du Canada. Ainsi, les deux régulateurs disposent d’une présentation cohérente de votre activité. Lorsqu’une banque ou un partenaire souhaite une confirmation écrite de votre situation réglementaire, nous pouvons également préparer un avis juridique sur votre modèle d’entreprise.
Questions fréquemment posées
Oui. Une société étrangère qui sert et cible des clients au Canada s’inscrit directement auprès de la Banque du Canada en tant que PSP étranger, sans créer de société canadienne. Elle doit désigner un représentant au Canada qui accepte les notifications de la Banque en son nom.
Vous créez un compte dans le portail PSP Connect de la Banque du Canada, remplissez le formulaire de demande, décrivez vos cadres de gestion des risques et de protection des fonds, puis payez les frais d’inscription. Si votre activité requiert aussi une inscription FINTRAC comme MSB, obtenez-la d’abord.
Non. Il doit être détenu auprès d’un établissement financier réglementé : banque canadienne, coopérative de crédit ou société de fiducie, ou établissement étranger supervisé selon des normes comparables.
Non. Un nouveau prestataire doit être inscrit avant d’offrir des services de paiement. Déposez votre demande bien avant le lancement envisagé et prévoyez du temps supplémentaire pour les questions.
Non. Contrairement à la licence MSB, que FINTRAC renouvelle tous les deux ans, l’inscription auprès de la Banque du Canada n’a pas de date d’expiration. Elle reste en vigueur tant que vous offrez des services de paiement et respectez les règles.
La Banque vous envoie une notification écrite d’inscription et ajoute votre société à son registre public des PSP ; aucun certificat distinct n’est délivré. Le registre des PSP, avec la liste des demandeurs encore en cours d’examen, peut être consulté gratuitement sur le site web de la Banque ; les banques et partenaires peuvent donc vérifier eux-mêmes votre statut.
Uniquement si l’investisseur obtient le contrôle, ce qui, pour une société, signifie un tiers ou plus des droits de vote. Une nouvelle demande doit alors être approuvée avant la clôture de l’opération. Les changements plus modestes sont simplement signalés comme mises à jour.